L'accueil de la petite enfance doit être une priorité politique !

Friday 12 March 2010

L’accueil de la petite enfance doit être une priorité politique !

11 mars 2010 

C’est avec un intérêt tout particulier que nous avons lu le dossier qu’a consacré l’UCM à l’accueil de la petite enfance.

Un nombre suffisant de places d’accueil de la petite enfance, c’est le gage d’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. C’est la possibilité offerte aux femmes de travailler, de poursuivre leur activité ou de trouver un emploi.

Seul, l’accueil subventionné par la Communauté française ne permettra pas d’offrir suffisamment de places. Le budget ne le permet pas. Et il y a urgence pour répondre aux besoins. Au MR, notre volonté est d’encourager les milieux d’accueil non subventionnés qui représentent déjà un tiers de l’accueil en Communauté française et ne coûtent rien !

Toute une série de pistes et propositions sont envisageables notamment - mais pas uniquement - pour aider les milieux d’accueil non subventionnés. Conformément à son contrat de gestion, l’ONE a commandé une étude sur la situation financière des maisons d’enfants. Il importe d’en tirer les conclusions et d’y apporter la meilleure suite possible en consultant les principales concernées, les maisons d’enfants. Pourquoi pas leur octroyer, comme en Flandre, une prime de 500 €/an/place ? Augmentons la déductibilité fiscale, du moins, pendant les premières années ! Les partenariats public-privé sont également à encourager.

Les accueillantes ? Le personnel des milieux d’accueil ? Ils nourrissent le souhait légitime d’une valorisation de leur profession qui ne dépendrait plus essentiellement - voire uniquement - des aides à l’emploi. Ils demandent la reconnaissance de leur formation dans toutes les catégories de milieux d’accueil, la possibilité de travailler jusqu’à l’âge qui leur convient…

Concernant les accueillantes autonomes, leur activité ne peut être considérée comme un acte de commerce et dès lors, les personnes désireuses de s’installer ne devraient pas avoir à prouver des connaissances en gestion. Aussi, il faut prévoir une exception au Code de commerce.

Nous ne pouvons que nous réjouir de la décision d’octroyer, à partir du 1er janvier 2011, un statut complet aux accueillantes conventionnées. Il a fallu une nouvelle annonce de grève pour que cette décision soit enfin prise. Par contre, nous marquons notre opposition au fait que les accueillantes actuelles auraient une période de transition de cinq à sept ans. Nous estimons qu’il ne devrait pas y avoir d’obligation pour elles d’adopter ce nouveau statut.

Les entreprises et les employeurs peuvent également jouer un rôle dans l’accueil de la petite enfance. Le système SEMA est loin d’être un succès. Pour le rendre plus attractif, il conviendrait d’assouplir les conditions de son application.

Pour ce qui concerne l’attribution des places subventionnées, nous estimons également qu’il faut revoir les différents critères. Le taux d’emploi, et notamment celui des femmes, doit entrer en ligne de compte !

Tant l’accueil non subventionné que l’accueil subsidié sont indispensables pour offrir à nos tout-petits un nombre suffisant de places d’accueil. Et offrir le choix aux parents !

L’heure n’est plus aux constats, elle est aux actes ! Les idées ne manquent pas, nous venons d’en présenter quelques-unes.

Plus que jamais, dans un contexte économique difficile, il faut agir pour donner aux femmes l’opportunité de travailler. L’accueil de la petite enfance doit être une priorité politique ! Notre travail parlementaire et notre contrôle vigilant de l’action de ce Gouvernement en la matière en témoignent.

Florence Reuter et Chantal Bertouille,
Députées wallonnes et de la Communauté française

Lecture : « Accueil de la petite enfance : Offrons le choix aux parents ! », Florence Reuter. Edité par le Centre Jean Gol.